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Séminaire CEH - jeudi 17 mai 2018

Exposé sur "Le néwari dans tous ses états. Inscription sociale, culturelle et économique du néwari dans le Népal contemporain : cas des Néwars bouddhistes et perspectives de recherche" présenté par Frédéric Moronval.

 
 
 
 
 
Horaire : 10h - 12h
Salle E-06, entre-sol du bâtiment B
Campus CNRS, 7, rue Guy Môquet, Villejuif
 

A ceux d’entre vous qui n’êtes pas du campus CNRS de Villejuif : prière de noter qu’il vous faudra laisser une carte d’identité à l’entrée (plan Vigipirate).
 
 

Le néwari dans tous ses états. Inscription sociale, culturelle et économique du néwari dans le Népal contemporain : cas des Néwars bouddhistes et perspectives de recherche

 

Au cours de cette communication, je présenterai les résultats de mon travail de thèse en sciences du langage sur les relations entre la situation du néwari et celle du bouddhisme, et sur les actions de revitalisation que ces situations génèrent. Puis je proposerai des pistes de réflexion et de recherche suite à cette étude croisée de deux faits culturels souvent traités séparément.

La résistance culturelle pour la survie du néwari s’est développée durant la première moitié du XXe siècle et a mené certains de ses militants à la prison. Simultanément, une renaissance, dans la société néwar, du bouddhisme monastique et sans caste sous la forme du théravada a également provoqué une répression menant parfois à l’exil. Durant la seconde moitié du XXe siècle, après l’autorisation d’une certaine présence du néwari dans les médias et l’enseignement, la situation s’est dégradée jusqu’à la fin du régime du Panchayat. A présent, bien que la diversité linguistique du Népal soit reconnue et garantie d’une manière inédite par la dernière constitution, l’absence d’aide publique et les freins imposés par le corporatisme linguistique d’une partie de la fonction publique frustrent les aspirations à une transmission et à un emploi plus étendus de ce qui reste la langue maternelle de la plupart des Néwars. Dans quelle mesure cette langue maternelle se transforme en langue d’usage chez les Néwars d’aujourd’hui, et quelle perception ceux-ci ont de la situation du néwari, constitue une grande part de mon enquête de terrain.

Or, le croisement des données de vitalité linguistique avec les religions déclarées par les enquêtés en 2014 montre que les liens initiaux entre activisme linguistique en faveur du néwari et initiatives de rediffusion du bouddhisme dans la société néwar sont, un siècle plus tard, toujours vivaces, et se sont également diversifiés à la faveur de démocratisation : ce sont la plupart du temps des Néwars bouddhistes (de caste, ou ayant rallié le bouddhisme à titre individuel) qui animent la défense du néwari ; réciproquement, les néwariphones étaient, et sont encore la plupart du temps, à la tête de l’animation de la vie bouddhiste dans la vallée et même au dehors (à l’exception du milieu tibétain).

Au cours de cette recherche, l’adaptation de grilles d’analyse de la vitalité des langues minoritaires à la situation d’une religion minoritaire a permis de rendre dans une certaine mesure comparable deux faits culturels qui, bien sûr, gardent certaines différences. D’autre part, le recours à la collecte de données quantitatives, démarche systématique en sociolinguistique, et, conjointement, au recueil de données qualitatives, privilégiées en ethnologie, s’est révélé à mon sens fructueux, les deux approches s’éclairant et se corrigeant mutuellement. On pourrait imaginer de construire, sur ces principes, des méthodes de diagnostic des dynamismes culturels, sociaux, économiques qui traversent les populations du Népal, qui rendraient leurs interactions intelligibles, et permettraient leur transposition à d’autres domaines ou d’autres populations.