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Séminaire CEH – jeudi 25 avril 2019

de 10h00 à 13h00, avec la participation de Lucile Viroulaud

 
 
 
Sur le Campus CNRS, 7, rue Guy Môquet, Villejuif
 

A ceux d’entre vous qui n’êtes pas du campus CNRS de Villejuif : prière de noter qu’il vous faudra laisser une carte d’identité à l’entrée (plan Vigipirate).
 
 

Salle de conférence, rez-de-chaussée du bâtiment D

10h00-13h00
 

L’activisme chrétien en pays magar : étude de l’expansion des conversions au christianisme dans une localité de l’ouest du Népal
 
 
Résumé :

Le christianisme est resté longtemps interdit dans la monarchie hindoue du Népal depuis l’unification du pays par la dynastie Gorkha (1768-1846) jusqu’en 1951, date de retour au pouvoir de ces dirigeants. Le pays ouvrit ses frontières à l’extérieur et ainsi les missions chrétiennes purent s’installer au Népal. En 1990, le Népal, bien que considéré royaume hindou, se démocratise. La nouvelle constitution interdit toujours le prosélytisme chrétien mais les conversions ne sont plus passibles de prison jusqu’en 2018. Dans le village chrétien magar, situé dans le district de Tanahun, dont il est question ici, l’église implantée depuis les années 1970, ne croît que très peu et les convertis restent très minoritaires. En revanche, depuis 2015, l’émergence d’un autre courant chrétien aux accents plus charismatiques, concernant autant les Magar que les basses castes, connaît un certain succès puisqu’en deux ans, il rattrape en nombre la première église installée sur le territoire.

Je m’intéresserai à l’évolution de la communauté chrétienne située précisément dans une localité magar, Pathardi, depuis mes premières recherches en 1997 jusqu’à mes observations de l’été 2015 puis 2017. Je tenterai aussi de montrer comment ces deux groupes chrétiens, issus du même mouvement protestant, présentent des trajectoires différentes. L’un, en effet, plus ancien, prend la voie de la modernité en s’investissant dans le secteur médical. L’autre, plus récent, refuse la médecine occidentale, ce que les Magar non convertis voient d’un mauvais œil, et, ce qui peut favoriser l’exclusion sociale de ces chrétiens. Paradoxalement, cette attitude radicale des chrétiens charismatiques à l’égard de la médecine occidentale ne semble pas un obstacle à la conversion. Bien au contraire, le prosélytisme est actif. On constate alors que, progressivement, le paysage religieux se diversifie : l’hindouisme, majoritairement adopté par la population magar, reste la toile de fond religieuse sur laquelle se greffent des cultes locaux. En matière de santé, les Magar continuent à consulter les guérisseurs locaux, les lama. A cela s’ajoutent les conversions au bouddhisme liées au réveil identitaire du groupe ethnique dans les années 1990. On observe alors que la communauté des chrétiens charismatiques, par son développement récent et rapide, se distingue des autres groupes confessionnels. Le cadre strict dans lequel celle-ci évolue fait de ces nouveaux chrétiens des individus qui se situent à la fois hors et dans le monde. En effet, ils continuent à suivre les rituels hindous tout en conservant une forme de rigorisme chrétien.